Conférence des financeurs, devenue commission : financer une remise en selle seniors
La conférence des financeurs s’appelle désormais la commission des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. Cette page explique aux structures qui travaillent avec les seniors comment elle fonctionne, et où une action vélo peut s’y ranger.
Conférence des financeurs : l’ancien nom de la commission
Vous cherchez « conférence des financeurs » ? C’est l’ancien nom. La CNSA, la caisse qui finance l’autonomie, écrit que la commission des financeurs était « précédemment appelée conférence des financeurs ». Le changement vient de la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024, qui a aussi ajouté un axe consacré à la lutte contre l’isolement.
Aujourd’hui, le cadre de la commission est l’article L149-11 du code de l’action sociale et des familles, lisible sur Légifrance. Il est en vigueur depuis le 15 décembre 2024. Sa mission tient en une ligne : financer, dans chaque département, des actions pour que les seniors gardent leur autonomie le plus longtemps possible.
Cette page s’adresse aux structures qui travaillent avec des seniors : services seniors des villes, centres sociaux, résidences autonomie, associations. Elle répond à une question simple. Une action vélo pour les seniors peut-elle trouver sa place dans ce financement, et comment s’y prendre ? Les réponses viennent des textes de loi et des publications de la CNSA, pas de notre expérience : nous n’avons encore monté aucun dossier de ce type.
Qui siège à la commission des financeurs et ce qu’elle décide
Une formation de la conférence territoriale de l’autonomie
Le texte de loi est précis. Dans chaque département, « la conférence territoriale de l’autonomie se réunit sous la forme d’une commission dénommée commission des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie ». En clair : la commission n’est pas un organisme séparé. C’est la conférence territoriale de l’autonomie qui se réunit sous cette forme.
Cette conférence territoriale répartit des financements pour prévenir la perte d’autonomie et pour soutenir l’habitat inclusif, comme le prévoit l’article L149-7. Retenez ceci : quand vous écrivez à « la commission », vous écrivez au département, pas à un guichet national.
Qui la préside et qui y siège
Elle est présidée par le président du conseil départemental. Le directeur général de l’agence régionale de santé, l’ARS, en assure la vice-présidence. Les membres de droit sont le département, les communes et leurs groupements, l’ARS, les caisses de sécurité sociale, l’Anah, les mutuelles et les caisses de retraite complémentaire. D’autres acteurs peuvent participer, avec l’accord de la majorité des membres de droit.
Cette page ne nomme aucun membre local de la commission de la Seine-Saint-Denis : la composition réelle se lit sur le site du Département.
Un plan sur trois ans, un programme chaque année
La commission commence par un diagnostic : quels sont les besoins des personnes de 60 ans et plus, et que font déjà les acteurs du territoire ? Elle recense ensuite les initiatives locales. De là sortent un plan sur trois ans et un programme coordonné de financement, remis à jour chaque année. Ses financements viennent en complément des aides prévues par la loi, ils ne les remplacent pas.
Pour qui : les seniors, autonomes ou non
Les actions visent les personnes de 60 ans et plus, d’après la CNSA. Elles peuvent vivre chez elles ou en établissement. Elles peuvent toucher l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie, ou pas du tout. Les proches aidants sont aussi concernés.
Un point change tout pour une action vélo. La loi impose qu’au moins 40 % des dépenses d’aides techniques et d’actions collectives profitent à des personnes qui ne remplissent pas les conditions de perte d’autonomie de l’APA. Concrètement, un groupe de seniors encore autonomes, mais qui ne bougent plus guère, est bien dans le public visé. Cela ne veut pas dire que l’action sera retenue : c’est la commission qui tranche.
Pour le côté pratique du vélo à cet âge, voyez notre page sur le vélo pour les seniors.
Ce que la commission peut financer : six champs
Les six champs prévus par la loi
La loi liste six champs de dépenses :
- les aides techniques, pour les seniors qui en ont besoin ;
- le forfait autonomie des résidences autonomie ;
- les actions de prévention des services autonomie à domicile ;
- le soutien aux proches aidants ;
- les autres actions collectives de prévention ;
- la lutte contre l’isolement des personnes âgées.
Ce qu’on appelle une action de prévention
Le code de l’action sociale (R233-9) la définit simplement. Ce sont des actions, individuelles ou collectives, destinées à ce même public. Leur but : informer, sensibiliser ou aider à changer des habitudes, afin d’éviter, de limiter ou de retarder la perte d’autonomie.
Où une action vélo peut se ranger, sans garantie
Un cycle de remise en selle pour un groupe de seniors peut se présenter comme une action collective de prévention. S’il vise surtout à sortir de chez soi et à retrouver du monde, il peut aussi se présenter dans l’axe isolement. Dans les deux cas, ce n’est qu’une piste de rangement. Aucun texte ne dit qu’une action vélo est retenue, et c’est la commission de votre département qui décide.
Les thèmes que les commissions privilégient
La CNSA oriente les commissions vers six capacités qui comptent pour l’autonomie, dont la mobilité. Elle met en avant des thèmes comme la prévention des chutes et la lutte contre l’isolement. Dans la synthèse 2024, le lien social et l’isolement pèsent 24 % des financements d’actions collectives en résidences autonomie. Les activités physiques et les ateliers d’équilibre en représentent 19 %.
Attention à la lecture. Ces chiffres décrivent ce que les commissions financent. Ils ne disent rien d’un effet du vélo.
D’où vient l’argent : les concours de la CNSA
La CNSA verse aux départements deux concours. Le premier, « Autres actions de prévention », se calcule selon le nombre de seniors du département. Le second, « Forfait autonomie », se calcule selon les places en résidences autonomie.
Voici deux ordres de grandeur, à l’échelle de toute la France. La trajectoire 2022-2026 de la CNSA prévoit 163 M€ pour le concours « Autres actions de prévention » en 2026. Et selon la synthèse de la CNSA, 293 millions d’euros ont été mobilisés en 2024 sur les axes des commissions.
Ce ne sont pas les sommes d’un département. L’enveloppe de la Seine-Saint-Denis n’est pas reprise sur cette page, faute de source primaire lisible.
Le forfait autonomie des résidences autonomie
Une résidence autonomie propose à ses habitants des actions de prévention, individuelles ou collectives. Ces actions peuvent être partagées avec d’autres résidences, confiées à l’extérieur et ouvertes à des personnes qui n’y logent pas. C’est le forfait autonomie, prévu dans un contrat pluriannuel (L313-12).
Ce forfait peut payer un intervenant extérieur compétent en prévention. Les thèmes cités par les textes vont des activités physiques et sportives à l’équilibre et au lien social. Et le coût de ces actions n’est pas facturé aux résidents sur leur redevance (D312-159-4).
Pour une résidence qui voudrait une activité vélo, la piste est donc concrète : en parler à son gestionnaire, qui connaît le contrat. Aucune promesse n’est possible sur ce que le forfait couvrira.
Et en Seine-Saint-Denis ?
Le Département a lancé en 2026 un appel à projets de prévention de la perte d’autonomie, avec la commission des financeurs. Il s’inscrit dans le schéma départemental de l’autonomie 2025-2030. Les thèmes : actions collectives de prévention, aides techniques, proches aidants et isolement.
Cet appel est clos. Nous ne donnons ni date de dépôt ni rythme de renouvellement, parce que nous n’en avons aucune preuve. Pour la suite, le bon réflexe est de consulter le site du Département de la Seine-Saint-Denis (seinesaintdenis.fr).
Soyons francs sur ce qui manque. Les montants et les critères locaux ne sont pas repris ici : nous n’avons pas pu les lire à la source, et nous préférons ne rien écrire plutôt qu’un chiffre de seconde main.
Déposer un projet ou commander une prestation
La structure porteuse dépose
Le dossier est déposé par la structure porteuse : un centre communal d’action sociale, une résidence autonomie, un centre social ou une association de seniors. C’est elle qui reste maîtresse de l’action. Elle peut faire appel à un intervenant extérieur, rémunéré pour animer. En revanche, selon la loi du 12 avril 2000, une subvention ne paie pas une prestation commandée par celui qui l’accorde.
Pour monter ce type de demande, lisez notre fiche sur la demande de subvention pour une action vélo. Si vous êtes un centre social, voyez aussi la page dédiée aux centres sociaux.
Commander directement : le seuil de la commande publique
Il existe une autre voie. Une collectivité peut commander elle-même une prestation. Sous 60 000 € HT, un marché de services peut être passé sans publicité ni mise en concurrence préalables, selon l’article R2122-8 du code de la commande publique, en vigueur depuis le 1er avril 2026. Le détail de cette règle se trouve dans notre fiche sur le choix entre marché et devis.
Des dossiers très demandés
Les appels à projets des commissions sont très sollicités. En 2022, 73 commissions ont examiné 6 864 demandes, soit 124 dossiers en moyenne par département. Un projet clair, avec un public bien décrit et un contenu précis, aide à se distinguer. Cela reste un conseil de bon sens : il ne garantit pas la réponse.
Les autres pistes de financement d’une action vélo sont réunies dans la rubrique financer.
Ce que Vélo Passerelle peut proposer
Vélo Passerelle est une association de Romainville, créée en juin 2026. Elle peut intervenir comme prestataire, sur devis, dans un projet porté par une structure. Exemple : un cycle collectif de remise en selle pour des seniors. Cette activité entre dans l’objet de l’association, tel qu’il est publié au JOAFE, le journal des associations. Vous pouvez lire la remise en selle proposée aux seniors pour le détail.
Voici le format proposé : des groupes de 8 à 12 personnes, des cycles de 8 à 10 séances de 2 h. Le groupe serait encadré par deux adultes, dont un titulaire du CQP Animateur de mobilité à vélo (RNCP40916) et d’une carte professionnelle d’éducateur sportif. Ce CQP n’est pas un diplôme d’État.
Il faut aussi être clair sur le point de départ. L’association démarre : elle n’a encore animé aucune séance et n’a pas de local. Elle se déplacerait depuis Romainville, sur le lieu de votre structure. Elle ne revendique aucune subvention et ne cite aucun partenaire.
Si votre structure prépare un dossier, ou veut simplement chiffrer une action, vous pouvez demander un devis.
Informations vérifiées le 12 octobre 2026.
Questions fréquentes
La conférence des financeurs existe-t-elle encore ?
Pas sous ce nom. C’est l’ancien nom : depuis une loi d’avril 2024, on parle de commission des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie. Elle n’est pas un organisme à part : c’est une formation de la conférence territoriale de l’autonomie de chaque département. Si une brochure ou un site parle encore de conférence des financeurs, il s’agit de la même instance.
Faut-il toucher l’APA pour participer à une action de prévention ?
Non. Les actions s’adressent aux seniors à domicile comme en établissement, qu’ils reçoivent l’allocation personnalisée d’autonomie ou non. La loi prévoit même qu’une partie des dépenses doit profiter à des personnes qui ne remplissent pas les conditions de cette allocation. Un groupe de seniors encore très autonomes entre donc dans le public visé.
Une action vélo pour seniors peut-elle être financée ?
Elle peut se ranger parmi les actions collectives de prévention, ou parmi celles qui luttent contre l’isolement. Mais c’est la commission du département qui décide, au vu de son programme. Aucune action n’est retenue d’avance : il faut lire l’appel à projets de votre département et construire un dossier clair.
Qui dépose le dossier : la structure ou l’intervenant ?
C’est la structure porteuse qui dépose, par exemple un centre communal d’action sociale, une résidence autonomie, un centre social ou une association de seniors. Elle reste maîtresse de l’action. Elle peut ensuite faire appel à un intervenant extérieur, rémunéré pour animer les séances.
Quel montant peut-on obtenir en Seine-Saint-Denis ?
Cette page ne donne aucun montant local : les critères et les enveloppes du département n’ont pas pu être vérifiés sur une source primaire. Le plus sûr est de lire les documents publiés par le Département de la Seine-Saint-Denis sur son propre site. Les sommes citées plus haut sont nationales et ne disent rien de l’enveloppe d’un département.
Une résidence autonomie peut-elle faire venir un intervenant extérieur ?
Oui, grâce à son forfait autonomie. La résidence peut confier une action de prévention à un intervenant extérieur et l’ouvrir à des personnes qui n’y habitent pas. Cette dépense n’est pas facturée aux résidents sur leur redevance. Le contrat qui lie la résidence à son financeur fixe le cadre.
Sources
- Légifrance : code de l’action sociale et des familles, article L149-11 — vérifié le 12 octobre 2026
- CNSA : la commission des financeurs — vérifié le 12 octobre 2026
- CNSA : les concours de la commission des financeurs — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : code de l’action sociale et des familles, article L149-7 — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : code de l’action sociale et des familles, article R233-9 — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : code de l’action sociale et des familles, article L313-12 — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : code de l’action sociale et des familles, article D312-159-4 — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : loi du 12 avril 2000, article 9-1 — vérifié le 12 octobre 2026
- Légifrance : code de la commande publique, article R2122-8 — vérifié le 12 octobre 2026
- CNSA : synthèse 2024 des commissions des financeurs — vérifié le 12 octobre 2026
- France compétences : fiche RNCP40916 — vérifié le 12 octobre 2026
Une intervention à demander ?
Décrivez votre structure et votre besoin : nous revenons vers vous.