Vélo et santé : bienfaits et prévention pour les adultes

  • #santé
  • #activité physique
  • #vélo
  • #prévention
Illustration : Vélo et santé : bienfaits et prévention pour les adultes

Sophie a 44 ans. Elle travaille dans un bureau à Montreuil, neuf heures par jour assise devant un écran. Le soir, elle voit parfois ses collègues arriver à vélo. Elle, elle prend le RER. Elle ne se dit pas qu’elle fait trop peu de sport — elle se dit juste qu’elle est fatiguée.

Thomas, 61 ans, habite Vincennes. La retraite dans deux ans. Son médecin lui a dit : « Bougez plus. » Il a cherché quoi faire. Courir ? Le genou dit non. La salle de sport ? Pas son truc. Un vélo, peut-être.

Et Linh, 38 ans, à Pantin. Trois enfants, boulot, courses. Elle court tout le temps — mais pas au sens sportif. Elle voudrait « faire du sport », mais c’est le temps qui manque.

Ces trois personnes n’ont pas la même vie. Mais elles partagent un chiffre que l’Organisation mondiale de la Santé a publié en 2024 : 31 % des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, ne pratiquent pas une activité physique aux niveaux recommandés (OMS, fiche « Activité physique », données 2022, publiées 2024). Une personne sur trois. Probablement beaucoup de gens dans votre entourage — peut-être vous.

Bref. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de trouver une activité qui s’intègre dans la vie réelle. Et le vélo, justement, entre dans la vie réelle mieux que beaucoup d’autres.

Ce que l’OMS dit sur le vélo

L’OMS est explicite. Elle cite le vélo nommément parmi les façons courantes de pratiquer une activité physique bénéfique : « La marche, le vélo, les déplacements en fauteuil roulant […] sont autant de façons courantes de pratiquer une activité physique pouvant être appréciée de tous, quel que soit le niveau de chacun. » (OMS, « Activité physique »)

Ce n’est donc pas réservé aux sportifs, aux jeunes ou aux gens déjà en forme. C’est une activité d’endurance, accessible, qui entre dans la définition officielle de ce que l’on appelle « bouger ».

150 à 300 minutes par semaine : ce que ça veut dire en pratique

Pour les adultes de 18 à 64 ans, la recommandation est précise. Selon l’Assurance Maladie, qui reprend les recommandations de l’OMS (ameli.fr — « Adultes et seniors : à chaque âge son activité physique ») :

  • 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée, comme pédaler à un rythme confortable
  • ou 75 à 150 minutes d’activité d’intensité soutenue, en pédalant plus vite ou en montant des côtes
  • plus 2 séances de renforcement musculaire par semaine, ou davantage

Concrètement, 150 minutes sur sept jours, c’est cinq trajets de 30 minutes à vélo. Ou trois sorties d’une heure le week-end. Ce n’est pas un programme d’entraînement. C’est une façon d’organiser ses déplacements ou ses sorties.

Thomas n’avait pas besoin de s’inscrire à un marathon. Il avait besoin de pédaler trente minutes par jour, quatre ou cinq fois par semaine.

Les bénéfices de l’activité physique régulière sur la santé

Voici ce que dit l’OMS — avec ses mots, pas les nôtres. L’activité physique régulière « réduit le risque de mortalité toutes causes confondues ainsi que les risques de mortalité par maladie cardiovasculaire, d’hypertension incidente, de cancers localisés incidents, de diabète de type 2 incident et de chutes ; de plus, elle améliore la santé mentale, la santé cognitive, le sommeil et la masse adipeuse. » (OMS, fiche « Activité physique »)

Ces bénéfices sont formulés en termes de prévention et de réduction de risque — pas de guérison. Le vélo ne traite pas une maladie. Il contribue, comme toute activité physique régulière, à réduire la probabilité d’en développer certaines. C’est la position officielle de l’OMS. Rien de plus, rien de moins.

L’OMS le chiffre aussi dans l’autre sens. Les personnes « ayant une activité physique insuffisante présentent un risque de décès supérieur de 20 % à 30 % à celles qui sont suffisamment actives. » (OMS)

Résultat. Ce n’est pas un détail.

Vélotaf : pédaler pour aller travailler, ça compte vraiment

Linh n’a pas le temps de « faire du sport ». Mais elle a peut-être 25 minutes pour aller au bureau à vélo plutôt qu’en bus, trois fois par semaine.

L’OMS définit l’activité physique comme « tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques » — et précise qu’elle « désigne tous les mouvements que l’on effectue notamment dans le cadre des loisirs, pour se déplacer d’un endroit à l’autre, sur le lieu de travail ou lors des tâches ménagères. » (OMS)

Le vélo pour aller travailler — le vélotaf — compte donc dans les 150 à 300 minutes recommandées. Ce n’est pas une interprétation : c’est la définition officielle. Le Plan d’action mondial de l’OMS pour l’activité physique préconise d’ailleurs « des politiques qui garantissent l’accès à la marche, au vélo et aux transports non motorisés » comme levier de santé publique.

Sophie n’a pas besoin d’ajouter une activité de plus dans son agenda. Elle a juste besoin de changer son mode de déplacement sur quelques trajets. Ce serait déjà quelque chose.

Et pour les seniors ?

Pour les personnes de 65 ans et plus, les recommandations s’étoffent. Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), en plus de l’endurance et du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine, il est recommandé d’ajouter :

  • des exercices d’équilibre au moins deux fois par semaine
  • des exercices d’assouplissement réguliers

Le vélo figure parmi les activités d’endurance citées pour les seniors. Et l’OMS classe la réduction du risque de chutes parmi les bénéfices de l’activité physique régulière chez les adultes et les personnes âgées (OMS) — un enjeu majeur passé souvent sous silence.

Avant de (re)commencer : un mot sur l’avis médical

Si vous reprenez le vélo après une longue période d’inactivité, si vous avez une pathologie chronique (cardiaque, diabétique, autre), ou si vous ressentez des douleurs, consultez votre médecin avant de reprendre une activité physique régulière. C’est vrai pour le vélo comme pour tout autre sport. Un professionnel de santé peut adapter les recommandations à votre situation personnelle.

De la lecture à la pratique

Connaître les chiffres, c’est bien. Pédaler, c’est mieux.

Si vous n’avez plus fait de vélo depuis un moment, notre guide pour reprendre le vélo après une longue pause explique comment retrouver confiance étape par étape, sans pression.

Et si vous souhaitez apprendre — ou réapprendre — à circuler en ville, les ateliers vélo de Vélo Passerelle à Romainville sont ouverts à tous les niveaux, à tarif solidaire, encadrés par un animateur diplômé d’État.


Sources : OMS, fiche « Activité physique » (version française, mise à jour 26 juin 2024), who.int — Assurance Maladie, « Adultes et seniors : à chaque âge son activité physique », ameli.fr — données vérifiées le 5 juillet 2026.

À lire aussi

Retour aux actualités

Nous soutenirContact